Travailler ailleurs tout en restant en CDI !

Après quelques années en poste, certains d’entre nous sont tentés d’aller voir ailleurs pour chercher de nouvelles sources de motivation ou aller explorer de nouveaux environnements. Comment satisfaire ce désir tout en restant en CDI et sans quitter son entreprise ?
 

1ère solution très connue : le congé sabbatique

Ce congé pour convenance personnelle vous permet de suspendre temporairement votre contrat.
Il est soumis à un certain nombre de conditions : ancienneté dans l’entreprise, nombre d’années d’expérience professionnelle, délai de carence entre 2 congés (CIF, congé création, ou sabbatique) et accord de l’employeur.
Dans l’imaginaire collectif, le congé sabbatique est l’occasion d’un voyage autour du monde ou d’une immersion en Australie. Sachez qu’il n’est pas interdit de travailler durant votre congé sabbatique. Seules contraintes : loyauté et non-concurrence vis-à-vis de votre employeur.
 
2ème solution un peu moins connue : le mécénat de compétences
Il consiste à mettre à disposition des collaborateurs sur leur temps de travail pour réaliser des actions d’intérêt général. Dans ce cas, votre travail permettra à la structure qui vous accueillera (fondation, association, ONG,…) de bénéficier d’un appui humain et de savoir-faire pour développer ou consolider son activité.
Si votre volonté est d’être utile à la société et de développer des compétences, vous êtes dans le bon dispositif !
En contrepartie, votre entreprise bénéficiera d’un avantage fiscal, car cette action s’apparente à un don. De plus en plus d’entreprises soutiennent des projets locaux et utilisent le mécénat de compétences comme un moyen de renforcer la cohésion interne et la motivation au travail des salariés.
 
3ème solution quasi inconnue : le prêt de main d’œuvre
En lisant ces mots, « prêt de main d’œuvre », quelles images vous viennent en tête ? En tout cas, vous ne voyez pas vraiment le rapport avec notre sujet.
Or le prêt de main d’œuvre, que nous pourrions aussi appeler, partage de talents, prêt de compétences ou mise à disposition, est une solution légale prévue dans le code du travail depuis 2011.
Passée un peu inaperçue, cette disposition permet à un salarié volontaire (cadre ou non cadre) d’être prêté à un autre employeur pour remplir une mission ou des missions ponctuelles à condition que le prêt ne soit pas à but lucratif.
 
Pourquoi non lucratif ? Votre employeur va facturer votre salaire à l’entreprise qui vous accueillera au prorata de votre travail effectif à l’euro près sans faire de bénéfice sur cette action. En effet, seules les agences d’intérim sont autorisées à se rémunérer pour la mise à disposition de personnel (en tant qu’intermédiaire).
Dans le cas du prêt de main d’œuvre, votre contrat de travail n’est ni suspendu, ni rompu. Vous continuez donc à percevoir votre salaire habituel, à bénéficier des avantages de votre convention collective et vous appartenez toujours au personnel de votre entreprise (l’entreprise prêteuse).
 
Les missions confiées par l’entreprise accueillante peuvent être ponctuelles (une journée par mois pendant 6 mois, une journée par semaine pendant 3 mois) ou plus longues (pendant 3 mois à temps plein, 6 mois etc.).
Par sécurité, la convention de prêt pourra prévoir une « période probatoire », au cours de laquelle l’une des parties peut demander l’arrêt du prêt.
En théorie, vous pouvez donc travailler dans différents secteurs d’activité du moment que les deux employeurs se sont mis d’accord.
Une véritable opportunité pour les seniors qui veulent partager leur savoir-faire et pour les juniors qui veulent appréhender de nouvelles pratiques. L’entreprise s’y retrouvera également car elle développera les compétences de ses salariés et pourra proposer ce type de missions dans des périodes de baisse d’activité en conservant sa rentabilité.
 
By Raphaëlle Perrier
En charge du dispositif mobi360° qui impulse des dynamiques de collaboration entre employeurs.
A part ça ? 
Go to top